|
Au
milieu des années 90, le projet avait d’ailleurs reçu le feu vert de
la Warner. Kubrick avait
alors fait construire un enfant robot, principalement pour des question de
réglementation sur la travail des enfants et pour contrôler parfaitement
le look de son héros pendant la longue durée de tournage. Le résultat n’étant
pas probant, Kubrick décide d’attendre et de voir ce que va donner l’évolution
des images de synthèse. C’est à cette époque qu’il parle à
Steven
Spielberg de A.I. pour
la première fois. Ce dernier lui réplique immédiatement :
« C’est sans doute la meilleure histoire que tu raconteras
jamais ». Conscient de ses propres limites, Kubrick lui offre ainsi
le projet.
Lors
de la projection de A.I., on sait indéniablement qu’il s’agit d’un opus à la
Spielberg. Cependant, sans être forcement connaisseur de l’œuvre de
Kubrick, on pense reconnaître là sa préoccupation quant à ce qui se
passera dans le futur. On s’attend à voir du Spielberg à la sauce
Kubrick ou inversement. Mais il y a un véritable équilibre dans ce film
qui le rend tout à fait étonnant. En respectant l’univers et la
problématique kubricienne, Steven Spielberg rend un ultime hommage au
réalisateur.
Certes
un peu long (2h26), A.I. nous emporte néanmoins dans un univers futuriste, aux
sentiments exaltés. Dans le rôle de David,
Haley
Joel Osment nous montre une nouvelle fois la dimension de son
immense talent. Il portait déjà Le 6e sens sur ses
épaules, il récidive ici dans une interprétation à couper le souffle.
Pour les âmes sensibles comme la mienne, on passe les 20 dernières minutes
du film à pleurer.
A.I.
n’aurait peut-être été pas le chef-d’œuvre de Kubrick et ne
sera peut-être pas celui de Spielberg mais cela reste un film absolument
magnifique et bouleversant qu’il est totalement impensable de rater.
A.I. sort le 26 octobre
dans les salles. Pour en savoir plus : www.ai-lefilm.com.
Céline
Berger |