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Comment sont nées les Etudes cinématographiques
?
En 1958, Michel Mainard a confié à Albert Sastre
la direction d'une livraison spéciale de la revue des lettres modernes
consacrées au Cinéma et roman. Ce fut le point de départ d'une réflexion et
une incursion assez innovante dans un domaine aux marges de l'enseignement
supérieur. J'ai d'ailleurs été co-directeur de la collection dès 1966 et
responsable unique en 1973.
Quelle était la prétention éditoriale des études
cinématographiques ?
Ce sont, avant tout, des ouvrages de critique
collective sur un thème (mouvement, genre, école ) ou un grand cinéaste.
Ce qui fait l'originalité de notre travail c'est
qu'il s'agit de regards croisés, d'approches critiques différentes : on essaie
d'aborder l’œuvre d'un cinéaste sous tous ses aspects et dans toutes les
directions. Il peut ainsi y avoir des textes très longs d'une trentaine de
pages pour aller en profondeur sur tel ou tel point de vue de l’œuvre.
Ce sont donc des ouvrages qui privilégient
l'analyse à la critique stricto sensu ?
Exactement. Le cinéma n'est pas un simple
divertissement : il s'est intégré à la culture de l'humanité moderne et permet
des approches esthétiques, sociologiques et éthiques. Il n'est donc pas
question de publier des comptes-rendus de films en relation étroite avec
l'actualité mais au contraire d'approfondir certains aspects majeurs et
fonctions essentielles du cinéma en prenant à l'égard des oeuvres étudiées une
indispensable distance et en multipliant les confrontations ( approche
universitaire, scientifique, avec notes, films etc )
Comment choisissez-vous les différents thèmes ou
cinéastes ?
Je choisis les cinéastes en fonction de leur
qualité et actualité et de mes goûts qui sont électiques. Il peut m'arriver
d'en choisir un dont je suis très loin des préoccupations personnelles et
éthiques s'il est important.
Une fois ce choix effectué, je cherche des
historiens ou critiques de cinéma spécialistes du sujet et susceptibles
d'écrire un texte. J'ai parfois des difficultés à les trouver, ce qui explique
la parution inégale des Etudes.
Comment fonctionnent les Etudes au niveau de la
diffusion et de la distribution ?
ME Lorsque nous avons commencé la collection,
nous tirions à 2000 exemplaires et nous pouvions nous retrouver avec pas
md'invendus. Depuis quelques années, nous tirons à 400 exemplaires et
rééditons en fonction de la vente.
Au point de vue diffusion, nous fonctionnons
beaucoup par souscription, d'ailleurs, nous avons des lecteurs partout dans le
monde (notamment au Canada et aux USA ) et nous figurons dans les librairies
spécialisées.
Quel a été votre plus gros tirage et votre plus
gros bide ?
L'ouvrage le plus vendu a été celui consacré à
Tarkovski et j'ai été surpris de ce succès (25000 exemplaires vendus !) car
c'est un cinéaste diificile. Notre plus grande déception a été l'ouvrage sur
Ermano lmi que je considère comme important dans le cinéma italien et qui
s'est très mvendu (L'arbre aux sabots, Il posto )
Il y a très peu de photos dans vos ouvrages,
pour quelle raison ?
M.E C'est un choix éditori: on privilégie la
compréhension du cinéaste par le texte, et on ne veut pas qu'une photo soit
une respiration pour le lecteur. Mais il y a un choix iconographique qui sert
à illustrer un plan.
Quels sont vos projets ?
Le prochain volume sera consacré à Michel Devile
et en 2002 sont prévus Pialat, Forman, Casavetes, Kiarostami et à plus long
terme, Scorcese et Paul Schrader.
Propos recueillis par Daniel
Chocron.
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