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Ce
qui ne l’empêcha pas de suivre un cursus universitaire, certes moins
prestigieux que les grandes écoles de cinéma californiennes, comme
certains de ses confrères avec lesquels il a formé, dans les années 70,
ce que l’on a appelé « la génération des écoles », ou encore
les « movies brats » (qu’on peut traduire par les sales gosses
de Hollywood). En effet, au cours de cette période particulièrement
prolifique du cinéma américain en termes de créativité et d’innovation,
plusieurs réalisateurs ont émergé parallèlement, unis par une véritable
cinéphilie, leur volonté de s’affirmer au sein de l’industrie
hollywoodienne et leur amitié. Font partie de cette génération, outre
Spielberg : Martin Scorsese, George Lucas, Brian De Palma ou John
Milius, sous le parrainage de Francis Ford Coppola de plusieurs années leur
aîné.
Steven
Spielberg adolescent était un enfant timide, plutôt en retrait, souvent la
risée de ses camarades de classe. Très tôt, il s’empare de la caméra 8
mm de son père et commence à expérimenter. Dès l’âge de 13 ans, il
élabore ses propres scénarios et storyboards, puis réalise des courts
métrages. Il se prend alors très tôt de passion pour la science fiction.
En
1968 il réalise un premier film 35 mm nommé Amblin
(nom qu’il donnera plus tard à sa compagnie de production) qui sera
récompensé dans plusieurs festivals. Ce film au succès confidentiel lui
permettra de se voir proposer un contrat de réalisateur de télévision
chez UNIVERSAL. Après avoir tourné un certain nombre d’épisodes de
séries télévisées, dont Night Gallery et Columbo, il y réalise Duel,
en 1971, un téléfilm qui le propulsera au devant de la scène. Ce film
sortira en salles en Europe deux ans après et gagnera le grand prix du
premier festival d’Avoriaz.
En
1974, il réalise son premier film de cinéma, Sugarland
Express, qui, malgré un prix du scénario glané au festival de Cannes,
ne rencontrera pas son public. Mais son œuvre suivante, qui raconte l’attaque
d’une station balnéaire par un grand requin blanc, remporte un triomphe
planétaire ; Les Dents de la Mer fait rentrer Spielberg dans la légende du
cinéma.
Dès
lors, sa carrière flamboyante est lancée, remplie de succès artistiques,
populaires et financiers, comme jamais un réalisateur n’en avait connu
auparavant. Ses films, pour la plupart, tels Rencontres
du Troisième Type, E.T., la
trilogie des Indiana Jones, Jurassic Park ou La
Liste de Schindler, sont connus du plus grand nombre.
Spielberg
s’est progressivement diversifié dans ses activités. Menant
parallèlement une carrière de producteur, au cinéma mais aussi à la
télévision, il a permis ainsi de révéler plusieurs metteurs en scène et
de faire aboutir des projets qui le tenaient à cœur. Plus récemment, en
1994, avec Jeffrey Katzenberg (ancien de chez Disney) et David Geffen, il
fonde DREAMWORKS, un nouveau studio hollywoodien, avec l’ambition d’atteindre
encore plus d’indépendance.
ARTIFICIAL
INTELLIGENCE
Une
histoire d’amitié
Développé
pendant près de 20 ans par Stanley Kubrick, à partir d’une nouvelle
écrite par l’écrivain de science fiction Brian Aldiss, « Supertoys
Last All Summer Long », A.I. est finalement un film
réalisé par Steven Spielberg.
Connu
pour sa grande méticulosité et son temps pris pour faire aboutir ses
projets, le réalisateur mythique de 2001,
l’Odyssée de l’espace et de Shining
se préparait donc à mettre en scène
Artificial
Intelligence. Ce long temps de latence s’expliquait également par son
espérance de voir un jour les effets spéciaux atteindre un tel niveau de
technicité qui soit susceptible de mettre en images ses visions les plus
ambitieuses. Jurassic Park de Spielberg et ses impressionnants effets numériques
vont décider Kubrick à mettre en chantier son film, qu’il compte
réaliser juste après
Eyes Wide Shut.
Mais
Stanley Kubrick prend peu à peu conscience qu’il n’est peut-être l’artiste
le mieux à même d’illustrer ce conte merveilleux qui conte l’histoire
d’un enfant robot en quête de son humanité. Ainsi, en 1994, Kubrick
prend la décision de produire le film et de confier la réalisation à
Steven Spielberg, qu’il considère comme le seul réalisateur apte à
reprendre le projet. Les deux metteurs en scène nouaient déjà des
relations amicales depuis plusieurs années et se contactaient
régulièrement, Spielberg vouant une très grande admiration pour Kubrick,
cinéaste phare pour toute une génération de réalisateurs. Les deux
hommes discuteront longuement du film avant que Spielberg, finalement,
refuse de le réaliser, pensant que Kubrick devait aller au bout de son
projet.
En
1999, un événement malheureux va en décider autrement. Stanley Kubrick
meurt en mars, juste avant la sortie de son dernier film. Après mûre
réflexion, Spielberg décide de reprendre le projet
Artificial Intelligence, soutenu
par l’entourage de Kubrick. Il en écrit le scénario et utilise tous les
dessins de production préparés par son prédécesseur. Le film qui sort
donc en 2001, année symbolique, sera donc une combinaison originale entre
deux univers visuels issus de l’imagination de deux des plus visionnaires
cinéastes de notre temps.
Ronny
Czestochowski
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