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Steven Spielberg

Réalisateur américain né à Cincinnati en 1946. Il a trois frères et sœurs. Sa scolarité se révéla agitée, car sa famille dût déménager à maintes reprises, et ne fut pas spécialement brillante.



Ce qui ne l’empêcha pas de suivre un cursus universitaire, certes moins prestigieux que les grandes écoles de cinéma californiennes, comme certains de ses confrères avec lesquels il a formé, dans les années 70, ce que l’on a appelé « la génération des écoles », ou encore les « movies brats » (qu’on peut traduire par les sales gosses de Hollywood). En effet, au cours de cette période particulièrement prolifique du cinéma américain en termes de créativité et d’innovation, plusieurs réalisateurs ont émergé parallèlement, unis par une véritable cinéphilie, leur volonté de s’affirmer au sein de l’industrie hollywoodienne et leur amitié. Font partie de cette génération, outre Spielberg : Martin Scorsese, George Lucas, Brian De Palma ou John Milius, sous le parrainage de Francis Ford Coppola de plusieurs années leur aîné.

Steven Spielberg adolescent était un enfant timide, plutôt en retrait, souvent la risée de ses camarades de classe. Très tôt, il s’empare de la caméra 8 mm de son père et commence à expérimenter. Dès l’âge de 13 ans, il élabore ses propres scénarios et storyboards, puis réalise des courts métrages. Il se prend alors très tôt de passion pour la science fiction.

En 1968 il réalise un premier film 35 mm nommé Amblin (nom qu’il donnera plus tard à sa compagnie de production) qui sera récompensé dans plusieurs festivals. Ce film au succès confidentiel lui permettra de se voir proposer un contrat de réalisateur de télévision chez UNIVERSAL. Après avoir tourné un certain nombre d’épisodes de séries télévisées, dont Night Gallery et Columbo, il y réalise Duel, en 1971, un téléfilm qui le propulsera au devant de la scène. Ce film sortira en salles en Europe deux ans après et gagnera le grand prix du premier festival d’Avoriaz.

En 1974, il réalise son premier film de cinéma, Sugarland Express, qui, malgré un prix du scénario glané au festival de Cannes, ne rencontrera pas son public. Mais son œuvre suivante, qui raconte l’attaque d’une station balnéaire par un grand requin blanc, remporte un triomphe planétaire ; Les Dents de la Mer fait rentrer Spielberg dans la légende du cinéma.

Dès lors, sa carrière flamboyante est lancée, remplie de succès artistiques, populaires et financiers, comme jamais un réalisateur n’en avait connu auparavant. Ses films, pour la plupart, tels Rencontres du Troisième Type, E.T., la trilogie des Indiana Jones, Jurassic Park ou La Liste de Schindler, sont connus du plus grand nombre.

Spielberg s’est progressivement diversifié dans ses activités. Menant parallèlement une carrière de producteur, au cinéma mais aussi à la télévision, il a permis ainsi de révéler plusieurs metteurs en scène et de faire aboutir des projets qui le tenaient à cœur. Plus récemment, en 1994, avec Jeffrey Katzenberg (ancien de chez Disney) et David Geffen, il fonde DREAMWORKS, un nouveau studio hollywoodien, avec l’ambition d’atteindre encore plus d’indépendance.

 

 

ARTIFICIAL INTELLIGENCE 

Une histoire d’amitié

 

 Développé pendant près de 20 ans par Stanley Kubrick, à partir d’une nouvelle écrite par l’écrivain de science fiction Brian Aldiss, « Supertoys Last All Summer Long », A.I. est finalement un film réalisé par Steven Spielberg.

Connu pour sa grande méticulosité et son temps pris pour faire aboutir ses projets, le réalisateur mythique de 2001, l’Odyssée de l’espace et de Shining se préparait donc à mettre en scène Artificial Intelligence. Ce long temps de latence s’expliquait également par son espérance de voir un jour les effets spéciaux atteindre un tel niveau de technicité qui soit susceptible de mettre en images ses visions les plus ambitieuses. Jurassic Park de Spielberg et ses impressionnants effets numériques vont décider Kubrick à mettre en chantier son film, qu’il compte réaliser juste après Eyes Wide Shut.

Mais Stanley Kubrick prend peu à peu conscience qu’il n’est peut-être l’artiste le mieux à même d’illustrer ce conte merveilleux qui conte l’histoire d’un enfant robot en quête de son humanité. Ainsi, en 1994, Kubrick prend la décision de produire le film et de confier la réalisation à Steven Spielberg, qu’il considère comme le seul réalisateur apte à reprendre le projet. Les deux metteurs en scène nouaient déjà des relations amicales depuis plusieurs années et se contactaient régulièrement, Spielberg vouant une très grande admiration pour Kubrick, cinéaste phare pour toute une génération de réalisateurs. Les deux hommes discuteront longuement du film avant que Spielberg, finalement, refuse de le réaliser, pensant que Kubrick devait aller au bout de son projet.

En 1999, un événement malheureux va en décider autrement. Stanley Kubrick meurt en mars, juste avant la sortie de son dernier film. Après mûre réflexion, Spielberg décide de reprendre le projet Artificial Intelligence, soutenu par l’entourage de Kubrick. Il en écrit le scénario et utilise tous les dessins de production préparés par son prédécesseur. Le film qui sort donc en 2001, année symbolique, sera donc une combinaison originale entre deux univers visuels issus de l’imagination de deux des plus visionnaires cinéastes de notre temps.

 

Ronny Czestochowski

 

 

Artificial Intelligence

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