> > Côté Jardin > @xé libre

Commenter, partager, conserver... :        Commenter     Flux RSS Envoyer Imprimer     Réduire le texte   Agrandir le texte     Partager sur Facebook   Partager sur MySpace !      

e-novateur.org

le magazine qui ose et qui anticipe !

Parisavenue.com, Nart.com, Oraos.com, Urbuz.com...
Au suivant... Au suivant...  chantait Brel.

Alors que disparaissent les uns après les autres les sites de la seconde génération internet - celle issue de l'esprit `start-up´ et de la pensée unique en forme de business-plan, d'autres apparaissent invariablement sur la toile. Parmi ceux-ci les webzines culturels affirment leurs certitudes agitatrices en tout `originaloscope´ à la fois bouillonnantes d'idées et, inévitablement, de concepts 'inédits' et 'anticonformistes'. 
Une autre idée de l'actualité pour une autre idée de l'art et de la culture ? Et si dernière cette effervescence se profilait, enfin, cette troisième génération de l'internet dont on nous a tant parlé ? Celle de la perspicacité, du partage et de la solidarité mais aussi du droit à la subjectivité, du délit d'opinion et d'expression d'idées chamarrées.
Nous avons voulu en savoir plus avec l'un des plus représentatifs - humour belge inclus - l'e-novateur- point- org
Rencontre avec Caroline Lhonneux, rédactrice en chef du webzine.

D

ans notre petit monde des webzines culturels, voici depuis quelques mois un nouveau venu, les e-novateurs.org. Pouvez-vous nous dire ce qui vous a conduit à la création de ce magazine ?

Ce qui nous a conduit à la création de l'E-novateur est sans doute le reflet de son titre : sortir des sentiers battus du monde Internet. Les webzines sont encore marginalisés auprès d'une partie du public et surtout auprès de la presse " conventionnelle ". Le web regorge pourtant de possibilités de création énormes. C'est ces potentialités que j'ai eu envie de mettre à jour par le biais de l'E-novateur. 

Votre contenu rédactionnel, comporte pas mal de billets d'humeur ou des critiques au ton volontairement mutin et agitateur. En quoi cela s'inscrit-il dans votre ligne éditoriale ?

Il n'y a aucune ligne éditoriale, aucune direction prédéfinie. Le but étant simplement de laisser parler les différents acteurs offrant leur plume, leurs mots et leur sensibilité. Le but n'est pas un affichage intempestif de critiques agitatrices, la liberté d'expression se lit au travers des sujets traités. Les articles littéraires, d'actualité, d'art, de cinéma ne sont jamais que l'œuvre de ceux qui les ressentent. La polémique n'est pas notre cheval de bataille, on opte plutôt pour un échange d'opinions. On ne peut pas plaire à tout le monde et si tout le monde en parle, je ne peux dire qu'une chose : Tant mieux !
Le contenu neutre, sans affect n'a aucun intérêt. L'écriture et l'art induisent une liberté indescriptible, pourquoi s'en priver en s'enfermant dans des carcans pseudo-journalistiques ? Et à Breton d'avoir le mot de la fin : « En art pas de consigne jamais quoi qu'il advienne !…Le seul devoir du poète, de l'artiste, est d'opposer un non irréductible à toutes les formes disciplinaires ». Les écrivains et autres intervenants de l'E-novateur l'ont très bien compris…

Depuis toujours et peut-être plus encore depuis la pseudo polémique de Patrice Leconte est de bon ton de critiquer... les critiques. Quelque en soit le domaine artistique ou culturel, il semble être devenu de bon ton de les taxer soit de mégalomanie saumâtre et complexée soit de beni-oui-oui incultes et sans saveur. Comment vous situez-vous par rapport à cela ?

La critique est bien-sûr faite pour être critiquée mais je n'ai jamais eu vent d'un `critique´ prétendant détenir une quelconque universalité quant à ses propos. Tout réside donc dans la subjectivité, c'est la règle du jeu. Que l'aigreur, la mégalo ou l'inculture soient de la partie, cela peut arriver évidemment mais le lecteur sait discerner les auteurs dignes d'intérêt. L'avantage de notre webzine est qu'il répond aux plumes par la plume : Catherine Siguret, Carole Zalberg, Arnaud Le Guern savent de quoi ils parlent et en parlent divinement bien. Leur plume est celle d'écrivains, ce qui est sans doute la meilleure réponse aux critiques de critiques. Chaque domaine artistique de l'E-novateur est décrypté par des professionnels, des passionnés qui ont un acquis artistique non négligeable. Et puis, la critique amène souvent au débat et le débat au dialogue, que demander de plus ? Je dois avouer que cette connotation péjorative des critiques m'échappe quelque peu. 

Pensez-vous que l'on puisse être à la fois humble et intègre ?

Humble et intègre bien entendu même si toute œuvre ou tout sujet exposé ne garde jamais sa valeur initiale. Une réelle neutralité dans la critique n'existe pas, contrairement à ce que tant de journalistes tentent de faire paraître. Et heureusement car cela frôlerait l'indifférence !L'art ne laisse jamais indifférent et si tel était le cas cela serait signer sont arrêt de mort. La " critique " expose un point de vue personnel, évidemment certains se laisseront emporter sous le flot de tel ou tel auteur ou artiste à la mode ou laisseront parler les affinités ou les rancoeurs mais nous ne sombrons pas dans ce genre de système de pression médiatique. Chaque auteur de l'E-novateur marche au coup de cœur, à la passion. Pas de sujet imposé sous le couvert de bonnes manières ou pour être définitivement " in ". La multiplicité des points de vue laisse la porte grande ouverte à l'imagination et à la découverte.

Dans le même ordre d'idée, en parcourant la presse artistique et culturelle, on a parfois le sentiment, soit qu'elle s'adresse, de part son contenu relativement élitiste, à un microcosme de connaisseurs, soit au plus grand nombre, en jouant sur les effets de manche et le parisianisme ou le populisme branché. Pensez-vous qu'un magazine culturel puisse s'adresser à un large public sans nivellement ?

Ce nivellement me fait beaucoup rire car c'est encore une création marketing et sociétale construite de toute pièce qui veut que la culture s'adresse à telle ou telle catégorie. Ce nivellement existe, c'est certain mais ce qui est risible c'est que l'on cherche encore à faire rentrer les personnes dans des boîtes. Case de l'élitisme pur et dur ou celle du populisme branché. Ne peut-on pas trouver un juste milieu sans sombrer dans la culture hype ou dans la " cuculture " et sans vouloir coller des étiquettes à tout ce qui se présente ? Le public n'est pas dupe et les seuls à paraître idiots sont ceux qui pensent instaurer certaines valeurs en tentant de placer certains clivages artistiques. 

Quel public visez vous avec votre magazine ?

Le magazine n'a pas de public cible, il n'y a pas eu d'étude de marché avec stats à gogo. Tout est parti de l'envie de créer de se faire plaisir et de faire plaisir aux personnes qui nous lisent. C'est d'ailleurs pour cela que l'on ne peut trouver de qualificatif pour nommer l'E-novateur, les changements de ton et d'optique se font au gré des plumes qui s'y investissent. Chaque personne insuffle des couleurs et des formes différentes au magazine. Le but n'est pas de faire l'unanimité ni de rallier un certain lectorat à notre " cause " mais de montrer, à une moindre échelle, que l'incompatibilité culturelle et ses soit-disant clivages ne sont que relents d'une époque révolue.

Merci !
 

Propos recueillis par Patrick Herrmann
Avril 2002

24 commentaires

Caroline Lhonneux est née en 1979 à Liège. Elle débute dans le monde journalistique après un passage en faculté de Sciences Politiques.
Journaliste pigiste pour un mensuel culturel elle a vite pris goût aux découvertes que pouvaient engendrer son métier. La collaboration à la création du site Internet anti-Jean-Pascal a été un tournant décisif qui lui a permis de se rendre compte de l'importance de ce média qu'est Internet. La rapidité et les ressources inépuisables de ce support ont conduit Caroline Lhonneux à la création du webzine l'E-novateur où elle exerce le rôle de rédactrice en chef. Ce magazine, crée en février 2002, lui permet de rallier son amour de l'Art et de l'information à un support de publication réactif.

IMAGES ALEATOIRES

PARTENARIAT

PUB