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Nous sommes en l'an de grâce 2006 !
Si on regarde la tendance, quasi générale, ou qui ne va pas tarder, le féminin est à
l'honneur !
D'abord l'arrivée d'Angela Merkel à la chancellerie allemande, Ellen
Johnson Sirleaf au Liberia et Michèle Bachelet au Chili. Ensuite
Ségolène Royale en campagne, et récemment élue candidate de l'UMP à la
mairie de Paris, Françoise de Panafieu…
Les femmes aux foyers sont à la mode, les femmes tout court aussi.
Alors mesdames, sommes nous à l'aube d'une ère nouvelle ? Regardons y de
plus près…
Valérie Toranian, rédactrice de la direction du très célèbre magazine
Elle sort son premier livre, intitulé Pour en finir avec la femme, édité
chez Grasset.
Dédié « à mes
fils », il l'est aussi, je cite :
« A toutes celles que le féminisme ennuie.
Qui détestent qu'on leur dise " Vous, les femmes ! "
Qui adorent dire " Nous, les femmes ! "
Qui en ont marre de se sentir coupable, et encore plus victimes.
Qui se méfient des chefs et des couvre-chefs,
Qui défendent becs et ongles leur place.
Qui aiment les hommes, même mal,
Qui veulent en finir avec leurs cages dorées, leurs prisons mentales,
leurs faux amis, leurs nouveaux maîtres…
Qui voudraient bien en finir avec la femme. Et commencer avec les
femmes, toutes les femmes.
Avec ou sans Dieu. Avec ou sans foulard.
Ce qui nous oppose est trompeur,
Ce qui nous oppresse n'est pas ce que l'on dit,
Ce qui nous libère n'est pas ce que l'on croit. »
Ce traité corrosif
et lucide s'interroge sur ce que sont les prétendues valeurs féminines,
et sur la manières dont chacun d'entre nous, hommes ou femmes,
appréhendons la femme.
Quel est ce mythe de l'innocence ? Les femmes sont elles devenues accros
à toutes sortes d'opium mentale ?
Pourquoi la liberté du corps est elle maintenue sous haute surveillance
?
D'où vient cette croyance bien ancrée selon laquelle une femme, est, et
ne peut être que sainte ou démone.
Quelle est véritablement celle par qui le monde entier peut et doit être
sauvé, mais qu'il faut néanmoins préserver d'elle-même, sans oublier de
veiller à ce qu'elle reste à sa place.
Qui est la femme ? Du foulard islamique aux féministes nazies, de nos
jeunes femmes française aux jeunes femmes du monde, nous voyageons sans
détours ni tabou au travers de notre société, et de notre humanité.
Si, après avoir lu
ce brillant essai, il devait persister dans nos esprits l'empreinte d'un
mythe féminin, alors que ce soit Eve qui nous hante !
Non pas cette Eve qui succomba à la tentation du serpent, et plongea
l'humanité entière dans le péché.
Mais cette Eve, première femme digne de ce nom ! Supposée mère de tous,
qui osa prendre le premier risque. Celle-là même qui refusa
l'interdiction à l'accès à l'arbre de la connaissance. Celle qui croqua
à pleine dent dans le fruit défendu, et qui partagea avec son compagnon
pour notre plus grand plaisir.
Non, la curiosité n'est pas un vilain défaut ! C'est au contraire la
qualité primordiale, qui depuis la nuit des temps, le moteur, la
vibration suprême. C'est ce qui nous fait avancer, dévier, reculer,
revenir… C'est ce qui fait que nous sommes.
Adam, vexé jusqu'au trognon de n'avoir pas été celui qui prit
l'initiative, en eu peut être une amertume tenace coincée au travers de
la gorge… quoi qu'il en soit…
Elle goûta au plaisir de se libérer de l'Eden moelleux et tiède sans
lequel on voulait la confiner pour l'éternité !
N'ayons pas peur, levons nous, au nom de cette femme si femme, que rien,
même pas la crainte d'un Dieu ne figea. Transgressons toutes les règles,
toutes les lois, et tâchons cette fois ci de ne pas accepter les
punitions !.
Aurélie Manès
Paris, Mars 2006