Vous avez encore jusqu’au 22 novembre pour cette exposition présentant les projets des dix équipes d’architectes-urbanistes qui ont
participé à la consultation internationale sur la capitale et de son agglomération... Autant de projets qui ne
verront sans doute jamais le jour ?
D
epuis le 30 avril 2009, l’exposition du Grand Pari(s) est ouverte au public et gratuite pour les moins de 25 ans.
Il s’agit d’un évènement majeur en architecture dont les enjeux mobilisent toute notre société. Qu’ils soient
architectes, urbanistes, scientifiques, politiciens, citoyens ou président de la République, l’impact sur le futur nouveau décor
de Paris nous concerne tous… Car du changement, il va y en avoir beaucoup, et certains souhaiteraient que ce soit radical !
Pas évident…. L’exposition ne semble pas attirer une clientèle, plus enclin à savourer une exposition au musée Pompidou.
L’ambiance est à la réflexion, à l’étude de chacun des 10 scénarios. Le parcours débute par un historique de l’agglomération
parisienne et nous en présente les grandes phases. Ce rapide saut dans le temps nous permet d'aborder avec plus de logique la
suite de la visite, les résultats...
Intéressant… Les équipes auraient donc planché sur un Paris raté ? Il s’agirait de repenser l’avenir de Paris mais cette
fois-ci avec un objectif « éco-vert-durable » et une vision anticipative des choses, celle-ci devra se doter d’une empreinte
écologique pour assurer le respect des engagements pris lors du protocole de Kyoto. L’enjeu du Grand Pari(s) est de proposer
une nouvelle réflexion sur les villes et leur durabilité, tenir compte des aspects socio-économiques mais également des aspects
environnementaux. Mais avant toute chose, le grand Paris cessera de devenir une agglomération pour devenir une ville quand on ne
parlera plus de banlieue. L'une des premières urgences est donc de relier Paris et sa banlieue, d'en finir avec l'apartheid urbain.
La ville ne s’organisera plus comme une périphérie autour d’un centre mais de manière circulaire avec des liaisons entre
plusieurs pôles d’activités. Cette création d’une nouvelle dynamique territoriale va devoir inclure une nouvelle géographie
culturelle, avec des lieux symboliques qui donneront à la métropole une identité conçue dans le désir, et pas seulement dans
le besoin.
A partir du besoin… La ville a besoin de l’homme pour se transformer et l’homme doit penser bien plus loin que les limites
périphériques pour développer leur capitale. Le constat est unanime : les lieux de la métropole sont figés, emprisonnés.
Il faut donc désenclaver, libérer les espaces tout en les annexant aux espaces voisins, créer dans tout lieux d’habitation une
fierté d’appartenance, un exemple où il fait bon vivre. Mais là où le projet porte le plus de réflexions est la question de la
mobilité, le défi crucial des transports en Ille de France. Le président a annoncé un projet pour instaurer un nouveau rapport
entre centre et périphérique tout en optimisant l’exploitation du réseau existant. 21 milliards d'euros seront consacrés à la
réalisation d'une rocade de métro en forme de huit, qui ressemblerait à une grande couronne sur tout l'air urbain. Mais ce n'est
pas fini : afin de réduire les temps de parcours et de bénéficier de transports légers et fluides, un projet de train aérien
sera élaboré d'une valeur de 18 milliards d'euros.
Chacun des projets d’équipe a été réalisés dans le but de respecter deux grands chantiers de réalisation « la métropole
du XXIe siècle de l’après-Kyoto » et « le diagnostique prospectif de l’agglomération parisienne ». Tous solutionnent
la lutte contre le réchauffement climatique en favorisant les moyens de transport et certain ajoute à cela une procédure
surprenante. Le groupe Descartes (en collaboration avec Météo France) mène une action prioritaire qui vise à transformer
la géographie. En effet, le groupe prévoit une diminution de la température de -2° en boostant la plantation d'arbres et
prévoyant dans une quinzaine d'année, une forêt active.
Mais est-ce vraiment possible ? … La visite continu et d’une cabane à l’autre, les équipes ont réussit à nous plonger dans
un univers à chacun particulier. L’atelier Castro Denissof Casi entraine les visiteurs à imaginer un Grand Paris
naturellement poétique. On voit l’importance de l’extraordinaire et du remodelage de grands ensembles, l'atelier nous suggère
par exemple une sorte de Central Park à la Courneuve et des jardins suspendu à Ivry sur Seine. Selon eux, implanter des
lieux symboliques pourrait animés l'ensemble de l'aire urbaine, il s'agirait ainsi de polarités rayonnantes comme l'arche de
la Défense, dont la monumentalité aurait sauvé le quartier d'affaire.
Survient alors le projet... Nouvel, l’un des invités les plus en vogue et reconnu à l’international, nous présente
un Paris dans sa grandeur symbolique. L’approche part de ce qui est et de ce qui s’en inspire « tout est là et rien est à jeter
ni à remplacer ». Il faut transformer la matière existante en incluant des architectures vitrées et vertes (balcon urbain,
jardin sur les toits etc.). Le président reprendra ses propos et n'envisage aucune destruction car cela coûterait trop chère,
ni d'expansion, ce qui constitue d’ailleurs une bonne nouvelle pour les agriculteurs dont les terres agricoles seront
conservées.
Mais encore… Certaines équipes moins soucieuses des expressions schématiques préfèrent un raisonnement porté sur une vision
et une observation à grande échelle. Ainsi dans, L’atelier Christian de Portzamparc on part du principe que la métropole
est un système vivant aux flux complexes et fragiles. L'architecte souhaiterait anticiper le développement de la capitale en créant
de nouvelles zones d'affluences notamment une gare à St Denis et à Aubervilliers. L’AUC envisage l’avenir de Paris dans sa
grandeur en localisant, rassemblant et prévoyant les espaces dont les entités physiques et sociales pourraient générer une
valeur économique.
Alors Comment redéfinir un Paris hérité et non identifié ? Tel est le grand questionnement qui ne tardera pas à être résolu.
Les chantiers débuteront en 2012 et Nicolas Sarkozy envisage le Grand Paris en 10 ans ! Mais une telle rapidité de construction
mérite de longues tables rondes autour d’un seul et unique projet, puisqu’il s’agit au final d’un projet de concertation des
équipes et non d’un concours.
Pour permettre d’améliorer notre Paris il faut avant tout comprendre sa progression, le mouvement qui a dessiné son visage
mais également le parcours historique qui a fait de celle-ci un pôle d’attraction. Ainsi, l’exposition du Grand Pari(s)
nous interroge sur une ville qui est né du besoin et qui de civilisations en civilisations nous à apporter tout ce dont nous
voulons qui ne cessera jamais d’accroitre nos désirs. Voyagez dans toutes ces propositions d’une ère nouvelle et vous verrez
que nous vivons presque dans un rêve dans lequel chacun exprimerait une envie poétique sur « un tableau de Pollock où figure
une égalité de traitement ».
Daovone Sribouavong
Le Grand Pari(s)
Cité de l'architecture et du patrimoine, 1 place Trocadéro, Paris 16e
Exposition jusqu'au 22 novembre 2009