Remarqué au concours CQFD des Inrockutibles, Courmantel affirme avoir une démarche musicale faite pour le public et non pour
les musiciens. Autrement dit, il fait de la chanson française teintée d'un fort esprit rock et parfois nuancée d'un poil d'électro
et de reggae. Découvrons un univers, authentique, et une voix très personnelle teintée d'un timbre chaleureux !
Commençons donc par une auto présentation du personnage: « A 47 ans, je suis jeune depuis plus longtemps qu'eux. Je chante du vécu qu'il faut avoir vécu. Je suis "vierge" vis à vis de showbiz ; sortie du chapeau et quant on demande d'où vient-il, il suffit de répondre : écouter-le ». En le rencontrant, on ne peut qu'approuver cette présentation.
Issu de la scène pop de Rouen, il a fait ses armes et son expérience au sein de "Rock’n’Troubadour" et du duo "Liste Rouge" pour ensuite développer un univers plus personnel en solo : Courmantel est bien un monde à lui tout seul !
A propos, voici l'histoire de son nom de scène :
En fait, il vit dans la maison Fabri à Martel dans le Lot dans laquelle est mort le 11 juin 1183
Henri le Jeune, futur roi de France dit "Henri Court Mantel", (court manteau en langage médiéval, pour mieux castagner pendant les batailles, une sorte de blouson noir en somme !). Fils d'Henri II Roi d'Angleterre et d'Aliénor d'Aquitaine, frère aîné de Richard Cœur de Lion et de Jean Sans Terre, Henri Court Mantel était le rebelle de la famille. Il est mort dans cette demeure après avoir pillé Rocamadour et quelques autres méfaits en faisant repentance de tous ses péchés... Il a été enterré dans la crypte sous la cathédrale de Rouen...
Cette maison l'appelait, elle l'attirait, un soir quelque chose est entré en lui pour lui dire : « Appelle-toi Courmantel, seul toi peut redorer mon blason, mon nom oublié, en échange, je te promets le succès et de te laisser tranquille, tu auras ma protection, j'aimerai ceux que tu aimes, j'aime l'être que tu es »
Et Fred est devenu Courmantel...Un rebelle en a attiré un autre. Les murs de pierre ont de la mémoire...
Nom de scène trouvé, il va alors s'adapter à son époque et tenter un temps le net pour faire vivre sa musique et la diffuser. Il fait ainsi parti de ces artistes (dont Helen de 3 et sf5x) qui ont squatté le peloton de tête du concours Cqfd des Inrockuptibles tout en animant le site de leurs frasques sans pour autant être choisi par le jury qui préfèrera le choix du copinage. Ce n'est pas ça qui les arrêtera!
Courmantel définit sa démarche comme une musique pas faite pour les musiciens, mais pour le public. C'est de la chanson française teintée d'un fort esprit rock et parfois nuancée d'un poil d'électro et de reggae. Il joue aussi bien de la guitare, du clavier que de la basse...tout en étant autodidacte !
Il est en fait venu à la guitare après un accident à 16 ans qui lui provoquera une brûlure à la main gauche, l'apprentissage de cet instrument l'aidant à rééduquer sa main.
Son inspiration est directement encrée à la réalité, car il aime décrire la vie, ses expériences croisées et des anecdotes qui donnent l'authenticité des histoires dans ses chansons.
Tout cela transporté, dévoilé par une voix profonde possédant une forte personnalité avec un grain très marqué. Il est de ces voix qu'on pourrait qualifier de "Gainsbourienne"!
Parlons de son album, "Sans concession", particulièrement accrocheur. Il est introduit par un titre posant le cadre d’un scénario : la "crypte", autrement dit, son havre d'inspiration et de création, son studio. La thématique de la vie d'artiste revient régulièrement, comme sur "Certains rament" décrivant les déconvenues que rencontrent nombre de musiciens avant de pouvoir percer dans la grande foire de la Masse Média.
Une autre de ses thématiques de prédilection est la magie des relations amoureuses, de la féminité et de la sensualité. Ses rencontres sont décrites dans des titres comme "Hétéroclitoristik", "Elle vit d'amants", "Virginie", "Ailleurs", "Son ange gardien" et "Ecorchée vive".
Classiquement, l'univers de l'alcool apparait quelques fois comme sur "Virginie", "Alcool ami" interprété avec sa muse ou encore "Perdre son fils" où il rend un hommage aux personnes ayant perdu un proche à cause des dangers de l'alcool. Il a fait chanter la douleur.
Dans le même registre de l'hommage, signalons "On fumait" qui, tout en mettant en parallèle l'apprentissage de l'attitude du fumeur et le cursus scolaire, est surtout un hommage à son frère décédé d'un cancer des poumons.
Trois titres pêchent un peu par rapport au reste. "Elle vit d'amants" qui possède pourtant un très beau texte, "Son ange gardien" ainsi que "Si j'aime le reggae". Ce titre présente pourtant de grandes qualités musicales et une originalité de traitement sonore du reggae par la présence d'une guitare un peu plus rock possédant le grain et une touche typiquement "courmantelienne"! Mais la facilité des paroles s'enfonçant dans les clichés du genre est à regretter.
Pourtant, Courmantel sait s’engager contre notre société "Tazer" en critiquant le tout sécuritaire et une certaine frange de la police. Il conclut donc l'album sur "Être ou ne pas être", un réquisitoire pour "être", être soi-même face à une société aseptisée avec ses chemins tout tracés, ces destins socialement scellés et du temps nécessaire à la réflexion.
Nous avons donc là une œuvre et un artiste atypiques avec une véritable personnalité qui nous propose de respirer face à tous ces pseudos stars aseptisées. Cet album nécessitant de notre part une écoute sans concession!
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