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Dans le jeu de sept tribus issu du dieu rock'n roll, l'évolution du Métal n'est assurément pas la moins fascinante. Après le heavy, le death,
le grind, le doom, le black et le néo (voir
notre article sur Pleymo), le métal dit atmosphérique (issu du Black Métal, le satanisme en moins - quoi que) prend place et s'impose, enfin, sur la scène française pour apporter une nouvelle sensibilité à ce courant musical.
J'ai dit sensibilité ? Aïe ! Drôle de mot lâché dans l'univers des métalleux. De la mélodie, de l'émotion - voir de la féminité - dans l'univers du gros son historiquement " macho ", ça sonne étrangement, non ? Pourtant le public, et particulièrement les femmes justement, semblent faire enfin le pas. Pour preuve le tout récent succès de Lacuna Coil à la Locomotive.
Curieusement, à côté des têtes d'affiches internationales, comme The Gathering, Within Temptation, Nightwish, et Lacuna Coil, la scène française a bien du mal à s'imposer. Peut-être parce que la plupart des groupes de cette " sensibilité " ne se reconnaissent pas entièrement sous cette étiquette, celle du métal atmosphérique
(voir notre
article sur Jadallys). A voir. Ce qui est sûr c'est que cette mouvance existe bien chez nous et que plusieurs groupes sont prêts à " exploser ". Aussi, après Jadallys, nous avons le plaisir de vous présenter The Last Embrace.
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Rencontre avec Olivier, 23 ans, guitariste (qui aime les martiniquaises), Alexis, 26 ans, batteur (qui aime la Dreamcast et la X-box), Victor, 29 ans, bassiste (qui aime sa copine Gaëlle), Nathalie, bientôt 26 ans, chanteuse (qui aime son jolie manteau prune - C'est la seule qui n'est pas en noir) et Jean-Marc, 30 ans, guitariste (et qui aime la moto de compétition.)
On commence par une question originale ? Last embrace existe depuis combien de temps ?
Olivier - Ca a commencé en 1998.
Victor - Le groupe s'est constitué petit à petit. Il y a eut d'abord Jean-Marc, Alexis et moi. Puis Olivier et un autre chanteur avec qui cela n'a pas collé et qu'on a remplacé par Nathalie.
Et vos influences ?
V - A la base c'est le Métal, bien sûr. On a tous des goûts différents, mais le Métal c'est le point commun qui nous rassemble. Après, dans le Métal il y a une multitude de ramifications où chacun s'y retrouve. Vik et moi aimons le Heavy Métal, ce qui n'est pas du tout le cas d'Olivier. Nous on essaye de faire passer nos envies au travers du groupe…
O - Heureusement, ça ne passe pas souvent…
V - … Ou alors on passe nos influences en douce et il ne s'en rend pas compte.
Nathalie - Moi je ne suis pas du tout Métal. Je préfère le rock visuel japonais. Ce qui n'a pas grand chose à voir avec le Métal. Mais c'est vrai que c'est assez Heavy. Sinon, moi c'est plutôt des choses très calmes avec des voix bien planantes. Alors, la plupart du temps, quand les autres me parlent Métal, c'est du chinois. Je n'y comprends rien parce que je ne connais pas les autres groupes. Mais ce n 'est pas grave, au contraire. Cela me permet de rester complètement neutre et d'apprécier ce que l'on fait pour ce qu'on fait.
Alexis - Le groupe évolue beaucoup en ce moment. Le côté Métal est moins présent et est remplacé par des choses plus légères et acoustiques. Ce qui importe pour nous c'est de privilégier la mélodie.
V - Du coup, entre ces influences, on nous qualifie de Métal atmosphérique.
Justement, au-delà de cet entre-deux , comment expliqueriez-vous ce qu'est le Métal atmosphérique à un néophyte?
V - Moi j'ai l'habitude de dire que c'est du Jeff Buckley en un peu plus plombé. On a le côté acoustique et mélancolique mais en un peu plus musclé avec de grosses guitares.
N - Avant, pour les gens, le Métal c'était le Heavy ; pour les jeunes d'aujourd'hui c'est plutôt le Neo. Et nous on est aucun des deux, juste quelque part entre les deux sans vraiment entrer complètement dans le créneau Métal.
Jean-Marc - On est rock, tout simplement. En un peu plus musclé et bien saturé. Le côté Métal c'est plus pour la puissance pour accentuer notre côté lyrique.
N - Faut dire qu'on a des guitares électriques saturées, la double pédale à la batterie, c'est quand même d'inspiration Métal. C'est la base.
A - Quand on dit qu'on est Métal c'est pour toucher un certain public. Mais on met en avant plus la mélodie que le côté agressif.
Quel est alors votre public ?
A - Pour nous ou le métal atmosphérique ? Parce que je fais une nuance entre les deux.
C'est quoi la nuance ?
A - Disons que pour le Métal atmosphérique… c'est le côté métal… guitares saturés… et…
N - Vas-y, concentre-toi !
A - La nuance viens de ce qu'on " nettoie " certains aspects Métal, comme la double pédale. On essaye de peaufiner encore plus la mélodie, l'acoustique, dans le calme. Généralement les gens qui vont à un concert de Métal c'est avant tout pour bouger plus que pour la musique. Ce qu'on espère c'est que, si le public bouge un peu moins, il apprécie vraiment notre musique.
V - C'est assez proche de ce qu'on pourrait dire du Métal atmosphérique, mais c'est surtout une étiquette. L'avantage, c'est que le Métal en France est très bien structuré et organisé. On identifie facilement le public, les fanzines et les radios qui diffusent cela. Le problème, après, c'est que c'est assez cloisonné. Les gens qui pourraient être touchés par notre musique, de la sphère pop-rock ont facilement peur de l'étiquette Métal.
O - Les grosses guitares ça fait toujours peur. Ca fait du bruit dans les oreilles.
Le gros son qui tache…
A - Oui. Du coup, notre public, celui qu'on veut toucher, n'est pas spécifiquement Métal. Il est plutôt rock, dans le sens général.
V - C'est vrai , on associe souvent guitare saturé et double pédale au Métal. Du coup pour un certain public, le Métal c'est surtout du bruit. On essaye de faire quelque chose de plus propre…
O - Disons d'agréable, facile à écouter et tripant.
JM - C'est assez progressif. Les compos ont tendance à s'allonger avec des structures et des lignes mélodiques.
Qui écrit les compos ? Les arrangements ?
O - On les écrit ensemble. Il y en a un qui apporte un squelette et on travaille à partir de cela.
V - On ne fait pas d'appel extérieur. On fait notre sauce à nous.
Et l'influence de la télé dans vos compos ?
O - De quoi ?
N - C'est parce que tout à l'heure on s'est tapé un trip sur le générique de Highlander. Je disais qu'à l'origine c'était une compo de Queen auquel on a coupé un des refrains. Voilà. Mais à aucun moment c'est la télé qui nous influence.
O - Ah Bon. Faut pas nous faire peur comme ça.
C'était une question provoc !
JM - Je ne regarde jamais la télé.
O - Moi si, Pop star, mais ça m'énerve.
N - Moi ça me fait rire.
O - C'est rigolo, mais c'est quand même énervant. C'est faux, tout est préparé.
V - Ce qui énerve c'est de voir des filles ou des gars qui chantent vraiment bien, qui ont vraiment du talent et parce qu'ils ne sont pas assez bien - physiquement - on les refoule. Et à l'arrivée on a comme dans Star Académie des Jean-Pascal et compagnie. C'est vraiment l'antithèse de ce que font les groupes d'amateurs (les passionnés). Nous on se rassemble autour de la musique, pour la musique. Là-bas, elle est déjà faite, on a juste besoin d'une tête.
N - C'est toujours à la tête que tu gagnes. Les trop potelées, les trop colorés, les trop peu chevelus ou musclés : exit.
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