Pamela Hute
Turtle Tales From Overseas
Guess what ! - Tôt ou Tard - Mai 2010
Une frimousse masquée derrières de grosses lunettes vintages - à la mode de Yale ou Oxford version
années 60-70, façon Cercle des poètes disparus, un accommodement capillaire androgyne ad hoc
caractéristique de la tribut Brit-pop post Beatles, Pamela Hute arpente la scène depuis près de 4 ans.
Difficile, depuis, quand on s’intéresse un tant soit peu à la scène pop rock parisienne du moment, de ne pas croiser
son nom sur les réseaux communautaires…
D
e Myspace à sa première signature chez le nouveau label de Vincent Frèrebeau, en passant par 2 Ep's autoproduits
(v. 1. 1. en 2006, Three enregistré en 2008), une refonte du groupe (passant ainsi du
quatuor au trio), des concerts dans tout type de rade imaginable et une tournée encourageante chez nos voisins
Helvètes, Pamela Hute a su garder le cap tout en continuant à se chercher, pour trouver son style, sa place, sa voie.
Evidement la chose n’est pas passée inaperçue et voilà qu’entre quelques passages remarqués sur le petit écran, le
résultat se prépare à débarquer prochainement dans les bacs.
Autant dire, que nous attendions avec un intérêt non dissimulé ce nouveau ‘premier’ album, Turtle Tales From
Overseas (signé chez Guess what !, le (sous) label rock à visée internationale de Tôt ou Tard.
Sortie prévu 3 mai). Et... le résultat est à la hauteur de nos espérances. Atmosphère mélancolique matinée de riff de
guitare hypnotiques, pop aigre douce, rock à l’électro récusant les écueils conceptualistes, la formation type power
trio (guitare – synthé – batterie) permettent à la voix cristalline de la chanteuse (et donc guitariste) d’insuffler
ce qu’il faut d’urgence et d’énergie nécessaires à un univers pop-rock digne de ce nom. Tout est en place, parfaitement
ciselé, cohérent, électrisant sans être glacial, efficace sans être trop minimaliste, les compositions raffinées et
malgré tout enragées, un mixage qui laisse la place à la voix de se déployer sans (trop) opprimer la batterie… Bref,
un bien beau produit en fait ! C’est peut-être là le problème pour certains esprits grincheux qui trouvent le tout un
peu trop léché voir, suprême horreur, marketé. Pas assez brut, ce Pamela Hute alors ?
Franchement, toutes choses étant égales, on peut difficilement reprocher au tout jeune label Guess what !
sa détermination à espérer rentrer dans ses frais en proposant un (vrai) bon album à visé internationale (Pamela Hute
chante en anglais, of course). Pour nous en assurer factuellement de ce soit disant manque de brut attitude,
puisque c’est la seule chicane qu’on puisse glaner sur la toile, nous avons courageusement mis ce Turtle Tales From
Overseas sur le banc d’essaie… L’ultime crash test du courageux chroniqueur musical : l’écoute en boucle,
non stop, sur son lecteur MP3. Au réveil, dans le métro, au boulot, de nouveau dans le métro…
Après plusieurs heures d’écoute, le verdict est sans appel : on y revient avec un appétit sans fin !
Il ne nous reste plus qu'à la (re)découvrir très bientôt sur scène pour nous assurer que Pamela Hute a réellement
prit son envol !
Patrick Herrmann