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C'est toi qui écris les textes ?
La plupart. J'en ai co-écrit quelques uns avec Jérôme Attal. On a fait " Viens ", " Everest ", " Voilà une drôle d'idée " etc…
Qu'est-ce qui t'inspire ?
Je ne sais pas trop. Il n'y a pas de revendication. Ce ne sont pas des textes engagés. J'aimerai bien. J'admire ceux qui s'engagent, comme Zebda. Mais j'aime aussi les auteurs qui savent vraiment raconter des histoires et peindre un décor comme Brel, Brassens,… Mais je ne sais pas faire non plus. Alors j'écris sur mes envies, mes peurs, mes petites colères. Ce n'est pas de la grande littérature, ça reste de la chansonnette. Il y a des choses qui sont difficiles à exprimer. On est triste et on ne sait pas pourquoi. On est parfois gai et on se sent bien sans comprendre pourquoi. Parce qu'il y a du soleil ? Pour moi, faire des mélodies, c'est exprimer certaines humeurs à certains moments. Puis j'essaye d'y coller des paroles, des associations de mots… Parfois c'est réussi, d'autres fois ça l'est sans doute moins. Je ne suis pas toujours satisfaite des textes que je fais.
Tu parlais de contrastes, sur une de vos chansons, " La plage " je crois, il y a un changement de totalité qui se fait tout naturellement…
Oui, il y a une monté de gamme sur La Plage. Le guitariste avait trouvé une rythmique, des accords. Moi j'avais une mélodie en tête. On a cherché tous les deux des refrains, sans se parler - on ne se parle pas beaucoup en répète, quand on le fait on s'engueule. (rires) Et voilà, ça donné cette chanson.
Vous avez combien de titre à votre répertoire ?
Oh, il y en a plein qu'on ne joue plus en concert. On actualise régulièrement notre répertoire. En tout on doit en avoir une cinquantaine, mais il y en a qu'on ne joue plus depuis trois ans.
Elles ne correspondent plus à vos envies ?
Je ne sais pas s'il y a des chansons qui ne correspondent plus à ce qu'on a envie de faire. C'est vrai. Par exemple, sur notre premier disque, le son avait plus de rage, plus de guitare, c'était plus saturé, je gueulais plus… Quand tu vois les trois disques, il y a bien une évolution. Mais en même temps les premières ont pas trop mal vieilli. On en a joué plusieurs dernièrement lors d'un concert de plus de deux heures. Tout ça, après l'intention et la couleur qu'on a envie de donner, c'est encore une question d'arrangement. Quand on dit que Vendetta a changé en cinq ans, c'est vrai - le contraire serait dommage - mais en même temps on reste Vendetta. On n'a pas viré vers le métal ou le rap par exemple.
Quelles sont les musiques qui t'inspirent ?
En fait, je n'écoute plus beaucoup de musique. Enfin, c'est relatif. Comparativement à il y a 10 ans où j'écoutais de la musique toute la journée. Mais après 6 heures de répète à chercher une mélodie, on a plus de mal à se dire " Tiens, je vais faire une tite pause et écouter Muse en boucle pendant deux heures "… (rire)
Sinon j'ai beaucoup écouté les Pixies. Ces eux qui nous ont donné envie de monter un groupe. Sinon j'ai beaucoup écouté PJ Harvey, les Red Hot, Portishead,…
Vous vous êtes rencontrés comment tous les quatre ?
Alors là… Stéphane et moi nous nous sommes rencontré parce que nous étions voisins, à Caen. On était en chambre d'étudiant, ça c'est fait naturellement. Je te prête du sucre, tu me prêtes du café… Et voilà. Et les autres on les a rencontrés par petites annonces ! (rires) Ca a un côté un peu artificiel comme ça. En même temps j'ai l'impression que c'est plus fort que ça. On aime tous ce qu'on fait et c'est important. Par exemple avec le bassiste, Jérôme, j'avais dit à Stéphane " On ne fait pas traîner les choses, prendre rendez-vous dans un studio etc. On essaye tout de suite chez nous. C'est oui c'est non, on ne passe pas trois heures ". On avait déjà rencontré pas mal de monde et je trouvais que çà ça n'avançait pas assez vite. Il est arrivé, il a joué, il était à l'aise. Ca été oui tout de suite. Avec Greg, le batteur, c'est une histoire bizarre. On devait changer de batteur et Stéphane l'avait appelé au téléphone. Il a dit qu'il passait de suite. Moi je n'étais pas très contente parce que Stéphane ne lui avait rien demandé sur son age, son expérience, ou il habitait, quel style il aimait etc. J'avais l'impression qu'on allait encore perdre du temps. Et… Il arrive. J'ouvre la porte et il me dit " Est-ce que mon père peut monter ? On habite loin et on ne peut pas faire l'aller-retour. ". Et la je lui fais un sourire, je lui dis oui et je ferme la porte et là j'engueule Stéphane " Quoi, c'est un gamin, il habite loin et vient avec son père. On va encore perdre du temps ". Il se pointe avec sa caisse claire, ses machins et ses trucs… et son père. On leur offre un thé, on leur fait écouter nos maquettes et on lui dit qu'on cherche un batteur confirmé, qui avait de l'expérience, que c'était pas la peine…. (rires) Son père faisait la gueule… puis il me dit " C'est toi qui chante ? On a fait 15 km pour rien. On a qu'à faire un petit bœuf, moi aussi je joue de la guitare " On a essayé… Il joue. Stéphane et moi on se regarde. Sur un titre, le batteur précédant n'avait jamais compris comment terminer. Il se plantait à chaque fois. Et lui, là, il sentait les changements, les couplets comme s'il connaissait les morceaux. On s'arrête. Il s'arrête. On lui dit c'est pas mal. On va essayer. Il a fait le concert d'après et çà ça l'a fait. Il avait 16 ans et demi. On s'appelait Topaze à l'époque… Et il est toujours là !
C'est une belle histoire ! Quels sont vos projets aujourd'hui ?
Faire un album ! Faire un album !
Mais pas en auto produit ?
A priori non. Il en était question il y a 6 mois après la fameuse claque " Alors vous êtes chez machin… ". Mais là, les
contacts ont été repris avec les maisons de disques… alors on attend de signer ce p… de contrat. (rire)
Et côté concert ?
Il y a toujours Zazie les 18 et 19 février. On n'a toujours pas de tourneur, alors on est toujours à l'affût de ce tout ce qui se passe. On est content de passer par toi au Nouveau Casino, parce que c'est une belle salle et une équipe chaleureuse et compétente. Les loges sont peut-être un peu petites (rire)
En attendant de travailler avec un tourneur on fait des échanges. Comme avec Spayroll, un groupe de Montpellier qui va jouer avec nous le 12 février au Vaisseau Fantôme. Au final, on fait quand même 8 dates en février / mars.
Propos recueillis par Patrick Herrmann
Photos réalisées par Love Jacobson
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au Vaisseau
Fantôme.... |