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Du haut de tes 14 années d'expériences, peux-tu nous dire quelles sont tendances émergeantes auprès de votre public ?
C'est vrai que depuis le début on a allégrement mélangé toutes les orientations musicales. Après, d'une année sur l'autre, on sent qu'il y a des choses qui ressortent. Cette année, c'est un peu à l'image de ce qu'écoute notre public, on est un peu plus
rock que d'habitude. La programmation le montre assez clairement - même si on essaye de garder une ouverture à toutes les tendances. Parce que qu'il y a une véritable attente de notre public sur certains artistes. Ainsi, traditionnellement le dimanche après-midi il y a un artiste de chanson française, cette année c'est Michel Delpech. Parce que, si on a un public majoritairement jeune, on y croise aussi des familles et des gens qui ont plus de 60 ans. Heureusement, on a la chance d'avoir un public avec des oreilles grandes ouvertes super généreux et qui est prêt à se laisser embarquer par des artistes qu'il ne connaissait pas.
Un petit mot sur les scènes ?
Il y a deux principales scènes, l'espace Glenmor et l'espace Kerouac. Quand un show se termine sur l'une d'entre-elle, le suivant enchaîne sur l'autre. Classiquement. Kerouac c'est la grande scène avec essentiellement les têtes d'affiches mais l'espace Glenmor est quasiment aussi grand maintenant. On va y retrouver RIDAN, JAMIE CULLUM, LAETITIA SHERIFF, BLUES EXPLOSION, RACHID TAHA…
Après, on a un troisième espace qu'on a ouvert, il y a maintenant quatre ans, sur lequel on a, en journée, une programmation autour des jeunes groupes régionaux - on va dire du grand Ouest. On a, en effet, mis en place, avec différentes structures, une sorte de tremplin : Les Jeunes Charrues. C'est un peu le fleuron de la musique de tous les styles de Bretagne qui y passe. Et puis sur le coup des 19h, c'est plus un espace musiques actuelles. C'est année, le vendredi soir on aura un plateau autour de la scène belge avec GHINZU, AN PIERLE, DJ MORPHEUS, HOLLYWOOD PORN STAR et SOLDOUT. Le samedi, toujours après les Jeunes Charrues on sera plus sur une scène " electro ", dans son sens le plus large avec NIELS PETTER MOLVAER, MISSILL, SWAYZAK, LA PHAZE et VITALIC. Le dimanche se sera un espace plus Hip Hop avec KOOL SHEN, TTC, GOLDIE LOOKIN'CHAIN et PSYKICK LYRIKAH.
Goldie Lookin'Chain ?
Oui, on les a découverts aux Transmusicales. C'est douze mecs sur scène, c'est assez rigolo.
D'autres espaces ?
Oui, hormis ces trois grosses scènes, on a dans la partie supérieure du site, un endroit qu'on appelle La Garenne, qui correspond au village où l'on peut se restaurer en même temps qu'on peut assister à une grosse programmation de spectacles de rues depuis 4 ou 5 ans. On travaille avec un lieu qui s'appelle Le Fourneau à Brest, qui sont des spécialistes en la matière et qui font pas mal de création.
Et puis il y a un dernier espace musical qu'on appelle le Cabaret Breton, qui est en fait un chapiteau de 700 places, où là on est plus sur une programmation trad. régionale.
Les festivaliers, en général, viennent pour une date en particulier ou restent-il tout le long du
week-end ?
Ils viennent essentiellement pour le week-end complet. D'ailleurs, par rapport à la billetterie, on a un peu modifié cette année notre façon de faire. Jusqu'à présent on avait 20 000 forfaits mis en vente. Et puis à l'issu de l'édition 2004 on a eut beaucoup de retour qui nous ont demandés de mettre davantage de forfaits. C'est vrai que l'an dernier on a eut près de 20 000 personnes qui ont acheté les trois forfaits journaliers. Cette année on a donc décider de mettre en place 40 000 forfaits pour répondre à cette attente.
Question logement ? Un camping ?
Oui, il y a un camping qui, ma foi, est bien chaud. Il y a entre 20 et 30 000 personnes qui dorment là-bas. C'est assez sympa avec une bonne ambiance. Après, on est dans une petite ville rurale, il n'y donc pas une capacité hôtelière très importante. Mais généralement, on trouve une solution pour tout le monde, compte tenu de notre position géographique qui est assez proche des principales villes bretonnes.
Il reste des places disponibles ou tout est complet ?
Oui, il reste encore de la billetterie et même des forfaits.
Un dernier mot pour conclure ?
Oui ! Une chose très importante ! Les Vieilles Charrues, c'est 6 000 bénévoles - y compris nos deux présidents - qui viennent bosser la plupart sur les trois jours, mais aussi en amont et aval du festival. Beaucoup viennent d'associations sportives ou culturelles du coin. Mais il y a aussi des personnes des tous les ages - des lycéens comme des personnes à la retraite - qui viennent étaler du beurre sur les casses-croûtes l'après-midi.
Ces 6000 bénévoles, ce ne serait pas un peu l'âme particulière des Vieilles Charrues ?
Oui, je crois que l'esprit du festival vient de là, de ce tissu associatif. Cette façon de travailler avec les bénévole, ça se retransmet sur le public. Les bénévoles ont les appelles les laboureurs. Ce sont eux qui sont sur le terrain, trace le sillon et font avancer le truc. On a, maintenant, des listes d'attente parce qu'il y a une certaine fierté d'appartenir à cette famille des les Vielles Charrues. Ce sont des gens qui n'hésitent pas à venir travailler d'arrache pieds avec la banane. C'est vraiment la force de ce festival.
Ils sont regroupés en en centaine d'associations qui centralisent chacune d'entre elles les photos, la restauration etc. On leur demande de travailler deux fois quatre heures sur le festival, ce qui leur laisse pas mal de temps pour voir des spectacles. On a instauré avec eux, il y a 5 ou 6 ans un fonctionnement qui fait que l'association des Vielles Charrues, leur reverse une aide en fonction du nombre d'heures travaillées. Les bénévoles viennent donc travailler, d'abord pour le festival et participer à l'aventure mais aussi pour le compte de leur association. On fait tous les ans , au mois d'octobre, une grande fête réunissant tous les bénévoles, ce qui est l'occasion de remettre à chacune des associations un chèque qui leur permet d'acheter par exemple des maillots pour les asso. Sportives ou se payer un bus pour voir un spectacle quelque part. Ce qui fait que de l'argent est ainsi réinjectée dans le tissu associatif de la région.
Photos et propos recueillis par Patrick
Herrmann
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