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Ne
vous fiez pas aux jolies petites fleurs qui décorent la tranche du
cédé, ne vous fiez pas non plus aux jolis minois affichés par ces
demoiselles sur la pochette. Retournez le disque. Toujours des fleurs,
perdues cette fois au milieu d’un vaste foutoir, entre canettes de
bière, cendrier ravagé, médiator usé jusqu’à la corde et cordes
sciées au médiator… Bottes de moto et froufrou…
Revenez
au recto. C’est clair, le sourire n’est plus le même et vous êtes
tombé dans le panneau. Placez maintenant le disque dans la première
platine qui passe, mangez les fleurs et finissez la bière. Le sourire
devient celui qui précède le coup de pompe que vous allez prendre où je
pense !
L’ouest
américain a eu les «Minettos desesperados»*, le rock français devra
faire avec X-Syndicate ! Un gang qui sait brouiller les pistes, et
sème des roses après la baston.
Quatre
mignonnes et un solide batteur qui ont déjà pillé, semé la terreur et
ravagé le pays en s’associant le temps d’une tournée avec les cruels
outlaw de la bande à Lemmy, connue sous le nom de Motörhead.
Beaucoup
de concerts, quelques enregistrements sur diverses compiles, BOF de
« Baise moi », un nom qui circule… Les bases de la légende
jusqu’au « gros » coup. Un premier butin livré brut et sans préavis. Grosses
guitares et riffs crades, rythmique style triple-winchester enrayée et
hurlements de conséquence : Bitch ! Fuck ! Death,
death, death !
De
quoi rallier à leur cause tous les « traine-saloon » :
punks, metalleux et pogoteurs en tout genre. « Welcome
to the party and having fun !”
Dix
morceaux, où ces dames vont t’expliquer à toi, pauvre vieux
hard-rockeur, la recette pour assaisonner ton perf’ avant de le manger.
Il y a la hargne, la sueur, l’énergie et ce petit air de « on s’est
bien foutus de ta gueule… et c’est pas fini ! »
Du
trash pur et violent des « Vador », « Fight »,
« Never again » jusqu’à « Sex romance »,
ballade moite comme une partie de cul dans les poubelles, l’album
réhausse un peu le niveau de la production « coup de boule »
francophone, à l’heure où de jeunes pieds tendres américains
exploitent ce qui est devenu un filon rentable, un punk-rock calibré MTV.
Bien
sûr, les tuniques bleues ne manqueront pas de souligner les filiations
directes, en vous ressortant un vieil avis de recherche de L7. Ce à quoi
nous répliquerons : « Qui va à la chasse perd sa place ! »
Greg
Cornet
Greg Carmen
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MINETTOS DESESPERADO : Cromwell / Ruffner ed Glénat (3 tomes
parus).
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