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Une petite bouffe entre amis, une petite soirée entre
amis et tout va à veau l'eau dans l'esprit d'un cabaret
et d'horror pictures show. Une bouffonnerie
délurée avec masques, paillettes et mystification, la
désillusion se décale frontale. Bienvenu dans la gueule
du loup !
Plateau nu avec castelet intégré qui s'ouvrira plus tard
sur une forêt, issue incertaine d'un cadre qui se plaît
à typer des traits et autres flèches de caractère. Les
acteurs débouchent avec l'air gaiement fausset et
s'égayent machinalement à l'embrayage de la première
scène, comme un bug informatique ou un replay qui
reviendrait chaque fois à l'instant premier et qui n'en
démordrait pas. Ils s'étalent de tout leur long et de
diverses manières dans cette compulsion de bribes
dialoguées. Le mouvement jusqu'au gesticulé se détache
de la couronne textuel de mots et nous raconte entre
deux souffles des anecdotes savantes ou ridicules : on
parle d'Avignon, de Néron et de Hieronymus Bosch, par
l'allusion d'un crapaud. Une petite bouffe entre amis,
une petite soirée entre amis et tout va à veau l'eau
dans l'esprit d'un cabaret et d'horror pictures show.
Une bouffonnerie délurée avec masques, paillettes et
mystification, la désillusion se décale frontale.
L'intelligence de cette gentille mascarade donne champ à
l'improvisation sur canevas commedia dell'arte.
Spectacle de baraque foraine où nous pouvons entrevoir
des choses extraordinaires et monstrueuses, la tenue
serait plutôt " peccable " et froissée, tout en
s'amusant à la remettre en faisant semblant de rien.
Beaucoup de grotesques et de chichis avec tout
l'attirail de l'extravagance et de l'exhibition costumée
nourrissent les moments tortueux glamour. A lire le
programme du spectacle, on nous présente quatre
portraits dessinés à la main, et un texte de Francis
Picabia (un des acteurs) à propos du carton-pâte et de
la lâcheté : « Les
pauvretés que l'on nous propose sous l'étiquette de
l'art valent exactement le silence. Il faut s'exprimer
uniquement à travers soi-même, ce qui nous vient des
autres est encombrant, incertain et surtout inutile. La
Nature se charge de tout ; il n'y a qu'à la laisser
faire, elle fait bien ce qu'elle fait. Les idées
pourrissent comme les fleurs et les gens. » Ces
joyeux drilles nous font aussi sentir cette angoisse du
" trou noir " qu'est la scène et la salle, en d'autres
mots le théâtre ou le vide, ingénieux et fracassant les
pauvres hères sentimentaux. Le spectacle fonctionne
comme une toupie remontée plusieurs fois et finalement
la fait mourir dans un dernier tour extenué. Bienvenu
dans la gueule du loup !
Dimitri Jageneau
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