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Micro de performer, un petit conte cruel revisite la
nudité rouge du chaperon. Que de travers nous sont
livrés dans la course poursuite de l' obscur désir entre
monstres et innocences. La boite de pandore est ouverte,
est-ce que l'héroïne Lulu sera tué par Mr Hyde ? Avec un
titre aussi racoleur, on s'attendait à du conséquent et
du substantiel, on en est presque déçu qu'il n'y ait
rien d'illustratif. Déshabiller nourrit les distorsions
fantasmatiques de l'autre corps. On s'attache à décrire
et à deviner la poignante exaltation du sexe. Une jeune
fille raconte le regard d'un pervers et la perversion
d'un regard dans une journée d'ennui. La même jeune
fille revient sur le lieu, et revoit un pouilleux pilier
de comptoir, mais elle se laisse faire avec ce lot
frustré et assoiffé d'une prise et d'un piège
victimaire. La confession de la petite fille choisit la
dénomination d'animal pour son papa au lieu de personne.
L'ambiance est glauque, comme si on n'avait jamais assez
de reluquer la chair vivace qui se vend et s'achète,
mais ne se donne jamais assez, se retire toujours trop
tôt. Le fusionnel est marqué du sceau séparateur et de
l'asymétrie dévoyée.
Narration d'une actrice qui passe d'une voix grave
d'homme à une voix enfantine ou à une voix de femme mature ou de
jeune femme désabusée par la Chose, la performance de
Marie Brassard rappelle le jeu des voix du
marionnettiste qui change allègrement dans le
détachement incarné et non simplement l'art du conteur.
Alléché par l'odeur suave des corps, la neutralité avec
touches d'accent canadien vibre dans l'accord caché des
mots. A l'image du récit du photographe pornographe de
la scène S-M de Los Angeles, avec la voisine qui lui
rapporte son chien égaré, tout pourrait mal se tourner
et ça arrive. Les attifements donne l'extase d'un acte
refoulé, hagard, différé ou blessé dans la plaie de la
transgression taboue. La vidéo s'enfonce dans la forêt
onirique. La solitude couchée retrouve la nuit
nourricière. Les quelques images sont larvaires. Le
récit nous fait penser au génialissime livre Orlando de
Virginia Woolf et par association à la mise en scène de
Bob Wilson avec l'incontournable Isabelle Huppert
(1996). Mais les moyens sont autres. La scène est
bizarrement absente, l'espace est tellement feutré que
le spectacle est bizarrement vacance.
Dimitri Jageneau
mars 2006
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